Croisière à 1 M$ soutenue par Michaëlle Jean: St-Pierre exige des comptes

La ministre des Relations internationales Christine St-Pierre demande à l’OIF de lever le voile sur le montage financier d’un projet proposé par Michaëlle Jean.

Mme St-Pierre croit que l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) doit donner plus précisions concernant la croisière du navire l’Hermione.

«Je pense qu’il faut que le montage financier soit clair. Il faut dire comment cette aventure-là est financée, c’est normal», a-t-elle dit mardi dans une entrevue à notre Bureau d’enquête.

Jusqu’ici l’OIF a refusé de révéler les sources de financement de la croisière, à laquelle participe une centaine de francophones parrainés par l'organisation.

Des estimations qui ont circulé à l’interne ont chiffré le budget total à 1 million $. L’administrateur Adama Ouane a affirmé que seuls 445 000 $ ont été versés sous forme de subvention au propriétaire du bateau.

Malgré nos demandes répétées, aucun détail n’a été donné sur les coûts de transports, d’hébergement, les frais de visas des participants et le budget des activités lors des escales dans la Méditerranée.

Alors que le Québec et le Canada avaient suggéré à l’OIF de recourir à des partenaires privés, il a jusqu’ici été impossible d’en savoir plus sur les ententes conclues.

Mme St-Pierre a rappelé mardi que le gouvernement québécois avait encouragé l’OIF à trouver d’autres sources de financement, l’été dernier, pour le voyage de l’Hermione.

«Quand on nous a demandé de contribuer à cette aventure, on a dit non, nous avons une contribution importante à l’OIF, nous faisons partie des cinq plus grands contributeurs et nous ne trouvons pas pertinent que ce projet-là soit financé», a-t-elle dit.

Transparence

Le premier ministre Philippe Couillard a réclamé une gestion plus transparente à Mme Jean, lorsqu’il l’a rencontrée récemment à Paris.

Cette demande est survenue notamment après la publication de reportages de notre Bureau d’enquête exposant les dépenses de 500 000 $ par l’OIF pour l’aménagement de l’appartement de fonction de Mme Jean à Paris.

Mme St-Pierre a affirmé mardi que ces reportages ont motivé le gouvernement québécois à réclamer plus de transparence.

«Vous avez, dans les médias, soulevé des questions importantes. On n’a pas attendu nécessairement que vous les posiez. Il y a des questions qui se posent.»

Il est normal, pour une institution comme l’OIF, de rendre des comptes, a indiqué la ministre.

«On se dit qu’il faut peut-être aller plus loin. Les gens maintenant sont plus exigeants.»

Selon la ministre, «c’est normal, c’est l’argent des contribuables.»

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